VIVALDI SACRÉ
Ensemble Café Zimmermann

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Programme

Sinfonia en si mineur Al Santo Sepolcro - RV 169
Stabat Mater - RV 621
Concerto pour violoncelle - RV 414
Concerto pour violon - RV 155
Nisi Dominus - RV 608

De son vivant, Vivaldi n’a jamais été réputé pour sa musique religieuse, mais pour la virtuosité de son jeu, sa production instrumentale féconde et ses drames musicaux. De fait, si l’on survole l’ensemble de son œuvre, on constate qu’Antonio Vivaldi a peu composé pour l’Eglise. Sur les 701 numéros que compte son catalogue, 50 seulement concernent la musique religieuse. La particularité de ce corpus restreint tient aussi à son destinataire : l’essentiel a été composé pour le Pio Ospedale della Pietà, l’un des quatre orphelinats vénitiens fondés aux 14ème et 15ème siècles pour accueillir les jeunes filles orphelines, qui se sont forgés une solide réputation internationale dans le domaine musical.
Or, entre 1709 et 1711, Vivaldi prend congé de la Pietà. Il travaille en effet à l’édition de L’Estro armonico mais entreprend surtout une tournée de concerts qui l’amène à participer à diverses célébrations religieuses à l’église Santa Maria della Pace des Oratoriens. Ce sont ces derniers qui passeront commande à Antonio Vivaldi d’un Stabat mater pour la fête des Sept Douleurs de la Vierge. Cette séquence que l’on attribue tantôt à Jacopone da Todi tantôt à Innocent III est traditionnellement chantée le vendredi Saint, association qui interdit de facto toute mise en musique. En réalité, la multiplication des Stabat Mater à partir de la fin du 17ème siècle s’explique par sa transformation en hymne pour la fête des Sept Douleurs de la Vierge. Cette tradition bien implantée en Italie est entérinée par un décret de la Congrégation des rites en 1727. Aussi est-ce bien l’hymne des Premières vêpres et non la séquence que met ici en musique Antonio Vivaldi. La forme poétique et liturgique de ce Stabat Mater en forme d’hymne impose de recourir à sa structure musicale traditionnelle : la même musique sert pour chaque strophe, alternativement chantée en plain-chant et en musique. Le réemploi d’une même musique n’est pas liée à une « facilité » d’écriture, ni à une quelconque illustration sonore du texte mais bien à une profonde conscience liturgique du texte mis en musique.
Le Nisi Dominus fut lui écrit pour l’Ospedale della Pietà entre 1713 et 1719, alors que Vivaldi supplée à l’absence du maestro di coro Gasparini. Cette œuvre est construite en respectant la structure poétique et liturgique très codifiée, avec systèmes de versets de deux ou trois stiques prévus pour être alternés. Ici, sauf exception notable des deux premiers versets unis dans un même mouvement en raison de leur proximité sémantique, Vivaldi respecte cette structure : chaque verset est traité dans un mouvement autonome. Contrairement à l’œuvre de son contemporain Jean-Sébastien Bach, ce n’est pas tant la peinture des mots ou l’exégèse du texte qui compte, que les usages d’usage dans la tradition des psaumes chantés. Ainsi, les vocalises indiquent surtout les syllabes accentuées du texte.

Ensemble Café Zimmermann

Café Zimmermann réunit des solistes de haut niveau s’attachant à faire revivre l’émulation artistique portée par l’établissement de Gottfried Zimmermann dans la Leipzig du XVIIIe siècle. Le projet est né en 1999 sous l’impulsion de ses deux directeurs artistiques : Céline Frisch (clavecin) et Pablo Valetti (violon). La première, formée à Aix-en-Provence et à la Schola Cantorum de Bâle, est lauréate Juventus du Conseil de l’Europe et première claveciniste à être nommée aux Victoires de la Musique Classique en 2002. Parallèlement au Café Zimmermann, Céline Frisch joue et enregistre tout le répertoire, du baroque au contemporain. Pablo Valetti, également formé à la Schola Cantorum, se produit régulièrement comme 1er violon de grands ensembles baroques internationaux (Les Arts Florissants, Concerto Köln, Concert des Nations, Hesperion XX,...), et comme principal chef invité de l’Orquesta barroca de Séville. Reconnu comme l’un des fleurons de la scène baroque actuelle, l’ensemble est invité dans les salles de concert et les festivals internationaux les plus réputés, tout en organisant aussi des opérations de sensibilisation auprès d’un large public. Les disques de l’ensemble (Alpha), notamment ceux consacrés à la musique concertante de Bach ou l’Estro Armonico de Vivaldi (qui vient de paraître), ont reçu de nombreuses distinctions de la critique spécialisée. Café Zimmermann est en résidence au Grand Théâtre de Provence depuis 2011.

Céline Frisch – Direction & clavecin
Native de Marseille, Céline Frisch étudie le clavecin au Conservatoire d’Aix-en-Provence, qui lui ouvrira les portes de la prestigieuse Schola Cantorum de Bâle. Elle est Lauréate Juventus en 1996, la première claveciniste sélectionnée pour les Victoires de la Musique classique en 2002, et reçoit les insignes de Chevalier des Arts et Lettres en 2009.
Ses interprétations de la musique de Jean-Sébastien Bach lui ont valu les plus chaleureux commentaires de la musicale internationale. Outre Bach, ses affinités l’ont amenée à jouer la musique française de l’époque de Louis XIV, les oeuvres des virginalistes anglais et la musique allemande du XVIIe siècle. Elle explore également avec plaisir la musique du XXe siècle et la création contemporaine. Ses disques ont été couronnés par les plus hautes distinctions, dont le Diapason d’or, le Choc de Classica, ou encore le Grand Prix de l’Académie Charles Cros.

Pablo Valetti – Direction & violon solo
Formé à la Schola Cantorum de Bâle, il se produit régulièrement comme soliste ou premier violon avec les principaux ensembles et orchestres baroques des scènes internationales - Les Arts Florissants, Le Concert des Nations, Concerto Köln, Hesperion XX, etc. -, avant de fonder en 1999 l’Ensemble Café Zimmermann.
Son disque consacré aux Sonates pour violon et clavecin obligé de Bach, enregistré avec Céline Frisch, a obtenu le Choc du Monde de la musique et le Coup de Coeur de ResMusica. Au-delà de ses activités comme soliste, il est régulièrement invité à diriger l’Orquesta barroca de Séville.
Il joue un violon Giovanni Battista Guadagnini de 1758.

Revue de Presse

"Faut-il dire encore la vivacité, l’éloquence, la réactivité, le perfectionnisme que Frisch, Valetti et leur bande ont mis aux concertos, aux Suites, aux Brandebourgeois ? Faut-il rappeler qu’aucun ensemble français n’avait pris une telle place dans la discographie de Bach ?" Diapason

"une révélation : c’est ainsi que cela devrait, peut et doit sonner." Toccata

"Étourdissant, insolent, virtuose mais aussi riche de couleurs et de nuances. Soliste et orchestre sont grisants de bout en bout. Qui dit mieux ?" CLASSICA

"Café Zimmermann joue avec une fraicheur et une insolence incroyables (…). Leur musique nous vient sans détour, désinhibée. Ils swingent !" El Pais

"Ambiance de ‘boeuf ’ baroque, avec tempos ultrarapides, articulations nettes et couleurs tranchantes." Le Monde

"Qui a entendu le sensationnel Café Zimmermann dans cette musique, l’esprit brillant et enflammé de leur jeu, la profusion de leurs couleurs, l’évidence avec lequel des virtuoses se mettent ensemble pour former un ensemble qui joue de manière homogène, voudra entendre plus de ce compositeur ( C.P.E. Bach)." Leipziger Volkszeitung